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Basara

Manga de Yumi Tamura

mardi 9 octobre 2007, par Nicolas

Résumé

Trois siècles après la chute de la civilisation, le Japon est sous la coupe d’une famille royale cruelle et impitoyable. Plusieurs fils se partagent le territoire sous la supervision de leur père, le Roi d’Or.

Le village de Byakko est depuis plusieurs générations le gardien du sabre Byakko. Il est dit que celui qui en deviendra le maître rassemblera les quatre Sabres Sacrés et renversera la monarchie, ouvrant la voie à une ère meilleure.

Lorsque la femme du chef accouche de faux jumeaux, Nagui le prophète annonce que l’un des enfants sera ce sauveur.

Tatara est élevé comme ce futur héros, initié à l’art du combat et du commandement, pendant que sa sœur Sarasa vit dans son ombre.

Lorsqu’ils ont seize ans, des troupes du Roi Rouge envahissent le village, capturent et exécutent Tatara pour couper court à toute rébellion.

Alors que les villageois sont désespérés et ont perdu tout espoir, Sarasa refuse de se laisser abattre et, sans hésiter, prend la place de son frère, prétendant que la personne qui a été tuée est Sarasa. Sous son impulsion les habitants réusissent à s’échapper, mais le village est détruit.

Sarasa commence alors une longue quête afin d’unifier différentes factions pour combattre et renverser la famille royale.

Peu de temps après sa première bataille, blessée, elle se rend dans une source chaude pour se guérir. Elle y rencontre Shuri, beau jeune homme qui vient soigner son cheval. Au cours de ses périgrinations à travers le pays elle le croisera à nouveau, souvent dans des lieux similaires, et ils tomberont progressivement amoureux.

Cependant, de même que Sarasa cache à Shuri qu’elle est le rebelle Tatara, Shuri ne dit pas à Sarasa qui il est réellement — le Roi Rouge.

Opinion

Basara est un shōjo manga, mais ce n’est pas pour rien qu’il a reçu le prix Shogakukan [1]. C’est une grande fresque, avec quelques dizaines de personnages, sur 27 volumes [2].

Il met en scène de nombreuses batailles et affrontements parfois sanglants, même les personnages principaux sont parfois très grièvement blessés ou meurent. Tout en n’étant pas exempt de bons sentiments, parfois « dégoulinants » mais pas déplacés.

Les personnages ne sont pas particulièrement caricaturaux, mais torturés entre différents désirs et devoirs.

Sarasa se retrouve confrontée à de nombreuses difficultés et contradictions :
- bien qu’elle n’ait pas été formée du tout, elle doit s’improviser stratège, meneuse d’hommes, politicienne. Elle est conseillée par plusieurs personnes (Kaku, Nagui), mais lutte souvent seule quand même
- elle est tiraillée entre son amour pour Shuri et sa haine du Roi Rouge, et surtout la haine que portent les survivants du village de Byakko envers celui qui a détruit leurs maisons.
- jeune fille, elle doit se déguiser en garçon pour se faire passer pour son défunt frère, à une période où son corps féminin se développe
- elle lutte pour la justice, mais est parfois accusée d’utiliser des procédés destructeurs pour la population

Elle se retrouve souvent à assumer des responsabilités difficiles, et est en proie à d’énormes hésitations. Elle est par exemple très affectée d’avoir provoqué la destruction d’une ville du Roi Rouge, pleurant quand elle se rend compte que les villageois la haïssent.

Shuri quant à lui a eu une enfance difficile, mais a rapidement montré des dispositions particulières. Il est initialement très brutal, n’hésitant pas à tuer ou faire tuer ses opposants, tout en faisant des grandes choses pour le peuple dont une partie l’admire. Mais il est très attaché à ses rares amis, comme Shidō, et pleure sincèrement sa mort. C’est sa rencontre avec Sarasa qui va le changer, et réduire sa part brutale.

Asagi est lui aussi un personnage très intéressant. Elevé dans l’ombre d’un faux Roi Bleu, il se rapproche de Sarasa [3] pour faire chuter son frère Shuri qu’il déteste. Cependant il est au fond de lui à la recherche de sa véritable identité, bien qu’il le nie, et cherche à détruire sa famille qu’il méprise. Il s’attache progressivement à Sarasa et lui viendra en aide, et finara la tâche qu’a commencée Shuri — la destruction de la famille royale.

Bref, malgré quelques longueurs et clichés, un très bon manga qui se laisse bien lire.


[1Prix décerné tous les ans depuis 1955.

[2L’histoire principale se termine au début du volume 26, et de nombreuses histoires courtes, aussi bien dans le futur que le passé, complètent la série.

[3Il comprend rapidement qu’elle est Tatara, et aussi qu’elle aime Shuri / le Roi Rouge, alors qu’elle l’ignore encore.